Le vent s’étire sur ma joue
et je sens la saison, sa tendresse,
comme je sens ta peau sur la mienne.
Le ciel penche vers moi sa nostalgie,
il reflète dans les bleus du lac
le miroir de sa longue histoire…
Chaque onde, chaque silence, en ce matin désert
me disent que la tristesse est belle
quand elle suit ton sillage.
Je sais que l’air, la pierre, l’herbe, la mousse
comportent tes soupirs.
L’eau m’appelle, comme toujours,
pour que je perde en elle mes peurs, mes démons.
Je m’y coule sans m’y noyer
comme je perds ma salive en ta bouche
et je vais ressentir ce frisson de l’ardeur,
la force des retrouvailles.
Je sais qu’en cet instant précis tout est là:
je suis vivant, je reçois tout, tout me reçoit.
