Saïd DIB

Répit

Répit après dix jours d’aiguilles et de nuits sans repos. Douleur desserre enfin son poing de fer… Épuisé, le corps penche vers somnolence. Il goûte satisfait ces gorgées d’accalmie. Il suit le souffle mince qui se dénoue. Il offre gratitude au soulagement. Quelquefois, être heureux, c’est juste moins souffrir. 27 novembre 2025

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La brume

La brume ce matin, comme ta peau frémissante, renferme les secrets du monde. Elle est brodée d’orages à venir. Elle est sertie de la saveur des fièvres. Elle est remplie des pulpes du désir. Elle ouvre une pulsation qui pardonne à la vie d’être courte, une urgence qui commande à l’amour d’être entier. La brume

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Tout commence

Tout commence quand on ose respirer un ailleurs, larguer l’amarre pour un récit novice, des berges plus dociles… L’autre rive est toujours un pont neuf qui réclame un destin plus vaste, des arches, son grand canal. Voyage est une révolution; transformation, métamorphose, il figure péninsule de fièvre et d’embruns, radeau gorgé de ouate et douceurs,

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Interrompre habitus

Interrompre habitus, changer d’usages, de rituels, pour fuir l’automatisme qui s’insinue en tout, dans la façon de marcher, de rire, dans la façon de réagir, de rencontrer, d’aimer. Le libre-arbitre est leurre, faux-semblant, il est déterminé, cadenassé. Je voudrais tout valser, tout renverser, offrir à mon ras-le-bol la violence salutaire issue de mon dégoût à

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Partir se cabre

Partir se cabre, poussant à trébucher tout besoin de répit: ombre frustrante griffant le jour avant qu’il ne commence! À bout de souffle, je m’en veux de ces détours qui retardent le réconfort, transforment l’aventure en naufrage! Comme si le vent, toujours, avait pour destinée de contrarier mon vol. Alors, persécuté, lassé, assassiné, je demeure

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Au lever

Au lever, chaque pas réinvente la terre, sa lumière, ses volcans. L’horizon porte en lui l’hommage que toute horloge sait devoir aux ancêtres, comme si le temps présent savait de vieille lune que ses jours en dépendent… Hier est consumé comme les regrets. Demain prend racine aujourd’hui! Seul ici allume les coeurs. Seul ici enthousiasme

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Instant Fragile

Instant fragile dans la torride ardeur de tes baisers. Entre audace, timidité, l’incandescence nous offre aux feux de la saison. Elle nous accorde aux symétries des peaux devant toute vibration. La braise est une porte sur l’offrande! S’apercevoir, se rapprocher, se fondre, s’offrir, se livrer c’est revenir au chaos primitif avec le sentiment confus de

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Je marche ce matin

Je marche ce matin à la bordure des larmes oubliées. Le frima me rassure. Il pose en ma végétation la tiédeur de ta main, le souffle de tes mots, lorsque dans les cauchemars tu étrangles mes épouvantes. En écho, les eaux s’ouvrent, dissipant la douleur, enveloppant mon chagrin comme parfois ton buste accueille pour les

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Je marche bruyamment

Je marche bruyamment dans les feuilles crépitantes, à l’orée du vertige et des mémoires récentes. L’automne, complice, m’ouvre grand ses bras roux et je sens ton étreinte au creux du vacillement. Je perçois le répit qu’invente la lumière pour me porter secours, combler ta part manquante. Elle sèche la rosée tapie sur mes paupières. Elle

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